Fanfiction : Home Sweet Home
par Gregslider 08/07/98

 

Disclaimer : Certains personnages et éléments de cette histoire sont basés sur la série Sliders, et sont la propriété de St. Clare Entertainment, Sci Fi Channel and Universal, utilisés sans permission.

Spoilers : L'action se déroule à la fin de la saison 2, après le dernier épisode Le Monde de Chronos (As Time Goes By) . Cette fanfic comporte certaines allusions aux épisodes Un Monde selon Lenine (Pilote), Un Monde Pour Rembrandt (The King is Back) et Un Monde de Renommée (Post Traumatic Slide Syndrome).


Les quatre amis étaient arrivés dans un monde relativement similaire au leur, sans toutefois savoir s'il s'agissait *réellement* de leur dimension.
"Dans combien de temps glissons-nous M. Mallory? demanda le Professeur.
- 5 heures et 06 minutes.
-Bon ! Qu'est-ce qu'on fait les gars ? demanda Rembrandt.
- Humm... Ca nous laisse le temps de vérifier s'il s'agit bien de notre monde, répondit Wade. Que diriez-vous d'aller faire un tour dans nos familles pour voir si par hasard on n'est pas revenus chez nous ?"
Le Professeur prit la parole:
"Entendu, Mlle Wells. Je propose que nous nous donnions rendez-vous dans le parc devant la statue d'Abraham Lincoln - en espérant qu'il s'agisse toujours de lui - dans environ 4 heures.Qu'en dites-vous ? Je pense que ça nous laisse le temps d'être vraiment sûrs de nous, avant de risquer de glisser."
Tout le monde approuva cette décision et le petit groupe se dispersa aussitôt, non sans un soupçon d'inquiétude concernant leur sort....

Quand Quinn arriva devant sa maison, il eut la curieuse impression d'être bien revenu chez lui. Il s'agissait de la même entrée, avec le même jardin, et le même portail. Au moment d'ouvrir celui-ci, Quinn fit un geste de prière et ferma les yeux : il grinça...
Sa joie se fit nettement ressentir ! Mais pour confirmer ses certitudes de scientifique, Quinn eut le réflexe d'actionner plusieurs fois le portail pour s'assurer qu'il faisait le même bruit que dans son monde. Arrivé devant la porte d'entrée, il frappa trois coups et regarda à l'intérieur. La maison semblait être habitée mais il n'y avait vraisemblablement personne au rez-de-chaussée pour le moment.
Lentement, il ouvrit la porte et pénétra à l'intérieur de la demeure. Il fut étrangement troublé de revoir la décoration si familière mais déjà si lointaine... Une photo de son père et de lui à l'âge de 12 ans lui serra le cœur plus profondément encore... Mais il savait qu'il aurait été content de voir que son fils avait fait une des découvertes les plus prodigieuses du XXème siècle...
Il visita lentement toutes les pièces, en prenant la précaution de ne rien déranger, comme s'il était étranger à cette maison maintenant qu'il avait quitté sa mère. N'ayant rien trouvé de particulier au rez-de-chaussée, il décida d'aller dans le sous-sol qu'il connaissait si bien. Quinn sentait le minuteur dans sa poche pendant qu'il descendait les marches de l'escalier, toujours aussi grinçantes. Un étrange bruit se faisait entendre.
Le jeune homme comprit aussitôt qu'il s'agissait d'un vortex. Il aperçut alors trois personnes qui semblaient hésiter à franchir le tunnel. C'étaient son double, celui du Professeur et celui de Wade qui s'apprêtaient apparemment à glisser pour la première fois !
Quinn pressentait leur sort à l'avance, il savait qu'il devait les arrêter pour les prévenir. En effet, si ce monde était virtuellement identique au sien, il était possible que les événements prennent une tournure similaire à celle qu'il avait connu. Il cria le plus fort possible en finissant de descendre les marches de l'escalier, mais hélas, les autres n'arrivaient pas à l'entendre à cause du bruit que faisait le puits de chaleur. Il se précipita pour les arrêter, mais il était déjà trop tard.
Quinn eut du mal à ralentir sa vitesse après avoir couru aussi rapidement. Aussi, il ne put empêcher d'être attiré par la force de gravité du vortex et de glisser à son tour...

 

Rembrandt se décida à revenir chez lui pour vérifier s'ils étaient finalement revenus. Il retrouva l'entrée de sa maison victorienne dans une rue montante de San Francisco. Mais quelqu'un l'attendait déjà :
"Remmy ! Ca fait bientôt une heure que je t'attends !"
Rembrandt reconnut son imprésario, Artie.
- Artie ! Comment vas-tu ?
Il s'avança pour le serrer dans ses bras quand il réfléchit :
"Une heure ? Humm... tu veux pas dire deux ans plutôt ?
Il comprit avec déception qu'il n'était pas revenu dans son monde.
- Remmy ? Qu'est-ce qu'il te prend ? Alors, dis-moi, comment s'est passé l'hymne ?
Rembrandt eut du mal à cacher son incompréhension, mais se rattrapa autant qu'il le put :
- L'hymne ? Et bien... disons que..... j'ai eu un léger contre-temps !
- Contre-temps ? Qu'est-ce que ça veut dire ? Alors ils t'ont réglé ou pas ? Et mes dix pour cent ?
- Humm.... Ecoute Artie, répondit Rembrandt avec le plus de délicatesse possible. Réglons toutes ces affaires d'argent plus tard tu veux bien ? Tu sais qu'avec cet hymne je ne sais plus où donner de la tête....
- Ca fait maintenant deux ans que tu ne fais plus que les hymnes Rembrandt, tu devrais être habitué....
- Minute papillon, c'est toi mon imprésario, pourquoi tu ne t'arranges pas pour me faire chanter ailleurs, je te rappelle que tu dois relancer ma carrière !"
Rembrandt se mit alors à repenser à ce Captain Jack qu'il aurait peut-être dû écouter pour accéder au sommet, comme l'avait fait son double sur une autre Terre. Il esquiva un petit sourire :
"Hey, Artie, tu connais Captain Jack ?
- Bien sûr pourquoi ? Cet imbécile de Captain Jack n'a réussi qu'à lancer ces femmes triplets sexagénaires qui chantent de la Country avec leurs guitares...
- Humm... Pas sûr, il paraît qu'il est assez fort pour relancer des carrières en solo ! "
Rembrandt exultait !
"Qu'est-ce que tu me fais là Remmy ? Tu me quitterais pour les services de ce crétin ?
- Mais non, oublie ça. Au fait, tu sais où j'ai rangé ma Cadillac ? J'ai une envie de la toucher et de sentir son moteur vibrer sous sa carrosserie !
- Quoi ? A quoi tu joues Remmy ? Ca fait un an que tu as vendu ta Cadillac à ce dingue de Maurice Fish pour qu'il arrête de te harceler... Tu es sûr que tout va bien ?
- Maurice Fish ??? J'ai vendu ma Cadillac à Maurice Fish ? Mais qu'est-ce qu'il m'a pris de faire une chose pareille ? "
Les larmes du Charmeur sembler le reprendre le dessus quand il s'agissait de sa Cadillac rouge !
"Tu sais plus ce que tu fais mon brave répondit Artie. Bon, écoute, vas te coucher et envoie-moi mes dix pour cent, veux-tu ?
- Ouais c'est ça Artie, j'y manquerais pas..."
L'imprésario le salua et regagna sa voiture garée en face. Rembrandt qui montait les escaliers de sa maison n'en revenait toujours pas :
"Tsss ! Décidément, dans tous les mondes que j'ai visités, mes doubles font vraiment des choses insensées !"
Il tomba nez à nez avec son double qui venait d'arriver pour rentrer chez lui !

Glisser dans le tunnel était vraiment une expérience étonnante. Quinn était lancé à une vitesse prodigieuse et pourtant il ne ressentait aucun trouble majeur dans ses membres. La durée pendant laquelle il glissait était bien difficile à définir : le jeune homme parassait vivre une éternité dans le trou de ver alors que l'intervalle de temps entre le monde de départ et celui d'arrivée était relativement court. Il lui restait donc bien des choses à étudier, comme la nature de l'espace et du temps au sein même du tunnel. Dans ce laps de temps, à la fois court et éternel, Quinn disposait entièrement de son esprit. Il pensait au monde qu'il avait quitté, dans lequel ses amis l'attendaient, et au monde qu'il allait visiter, probablement semblable à celui qu'il avait connu en arrachant Rembrandt et sa Cadillac rouge : un monde de Glaces...

Quinn sortit du vortex en dernier. Il tomba sur le plancher gelé de son sous-sol, qui paraissait ici complètement déserté. Le coup que prit sa tête contre le sol lui rappela la bêtise qu'il venait de faire : il avait glissé, avec son double et celui du Professeur et de Wade, laissant loin derrière lui ses amis, seuls.

"Jésus-Marie-Joseph ! " s'exclama le Professeur en se relevant. Il semblait époustouflé par l'expérience qu'il venait de vivre. De son côté, le double de Quinn époussetait sa veste et semblait satisfait d'avoir réussi à prouver à son professeur de cosmologie que sa découverte n'était pas une supercherie. Wade ne cacha pas non plus sa surprise :
"Oh Mon Dieu ! C'était... presque... mieux que... de faire l'amour !"

Notre Quinn décida de prendre la parole et s'avança vers eux : "Ne te réjouis pas trop vite Wade, tu vas voir ce qui va suivre."
Les trois amis se retournèrent et écarquillèrent les yeux :
"M. Mallory dit le Professeur. Vous avez été.... dédoublé.... ?"
Quinn mit fin tout de suite à leur désarroi : "Non... Ecoutez, nous n'avons pas beaucoup de temps. Je suis le double de Quinn et je viens d'une Terre parallèle à la vôtre, mais qui est vraisemblablement identique. Je glisse aléatoirement depuis presque deux ans, et je n'arrive plus à retrouver ma dimension. Je suis allé voir chez moi,.. enfin chez toi Quinn, pour vérifier si j'étais revenu, et je vous ai vu glisser. J'ai couru pour vous en empêcher mais vous ne m'avez pas entendu, et la force du vortex était si grande que j'ai été attiré.
Ecoutez bien, je ne sais pas combien de temps il vous reste avant de repartir chez vous, mais surtout, surtout, ne glissez pas avant que le minuteur ne soit revenu à zéro, ou vous serez condamnés comme moi à glisser au hasard des dimensions.
Mes amis m'attendent sur votre monde : toi, Wade et vous aussi, Professeur."
- Qu'est-ce que ça veut dire ? demanda Wade qui ne comprenait rien à son histoire.

"J'avais configuré le minuteur sur 5 heures répondit l'autre Quinn."
- Bon sang, non, c'est bien trop long ici. Suivez-moi !
Quinn voulait enlever les doutes qui restaient dans son esprit. Il monta les escaliers et ouvrit la porte de la maison gelée. Il découvrit alors un monde qu'il connaissait déjà, entièrement sous les Glaces. Le vent soufflait avec une violence féroce et couvrait le son de ses paroles.
"C'est bien ce que je pensais cria-t-il pour se faire entendre. La seconde fois que j'ai glissé, j'ai atterri dans un monde identique à celui-ci. Pour rentrer plus vite, j'ai actionné le minuteur avant qu'il ne soit revenu à zéro, et c'est pour ça que nous glissons aléatoirement. Surtout, ne faites jamais comme moi !"
- Mon Dieu ! s'exclama le double du Professeur en s'adressant aux deux Quinn. Vous réalisez ce que vous avez trouvé M. Mallory ? Il s'agit de la plus grande découverte depuis la théorie de la relativité d'Einstein !
- Pas le temps pour les félicitations répondit Quinn, nous devons repartir dans votre monde.
Un énorme bruit de tonnerre se fit entendre, couplé à une rafale de vent encore plus violente : une tornade s'approchait de la maison !
"Oh Non ! cria Quinn visiblement en colère. C'est ce que je craignais ajouta-t-il aux autres. Nous devons sortir d'ici tout de suite !
- Mais comment va-t-on faire , puisqu'on ne peut pas actionner le minuteur d'après ce que tu viens de dire ? demanda Wade.
- Euh..... je ne sais pas, dit Quinn d'un air désemparé.
Il jeta un coup d'oeil à son minuteur, qui avait étrangement changé d'allure.
"Mon minuteur ! Il s'est reconfiguré ! Il est fixé sur 37 minutes !"
Un autre bruit de tonnerre l'interrompit et lui rappela que la tornade s'approchait toujours.
- M. Mallory, je ne pense pas que nous puissions tenir 37 minutes dans cet endroit cria le Professeur. Trouvez quelque chose, c'est vous le glisseur invétéré !
Quinn le regarda d'un air songeur puis se tourna vers son double et Wade qui attendait en perdant peu à peu patience. Il devait les sortir de ce pétrain, et les ramener chez eux, ce qu'il n'avait pas pu faire lorsqu'il tomba pour la première fois dans ce monde.
Il ravala sa salive et actionna de force son minuteur d'un air décidé.
- Que faites-vous ? demanda le Professeur.Vous venez de nous expliquer qu'il est dangereux d'ouvrir trop tôt le....
Redoublant de courage, Quinn l'interrompit :
- Je glisse déjà aléatoirement Professeur.

Son double prit la parole, voyant que la tornade approchait dangereusement :
" Allons-y ! On s'expliquera après !"
Wade sauta la première, suivie de près par le double de Quinn et le Professeur. Quinn, toujours dernier, prit le luxe de soupirer une dernière fois :
"J'espère que je fais le bon choix...."
Il glissa.

La tornade avait maintenant gagné la maison qu'elle détruisit en quelques secondes seulement. Une photo de la famille de Quinn avec une soeur qu'il n'avait jamais eue s'envola à travers le toit déchiré...

Le vortex s'ouvrit dans un parc verdoyant où dominait la célèbre statue d'Abraham Lincoln. Les trois apprentis-glisseurs retombèrent brutalement par terre, suivis de Quinn.
"Ca alors ! s'exclama le double de Wade. Quelle expérience étonnante ! Pourquoi tu ne m'as pas dit plus tôt que tu faisais ce genre de recherches ? demanda-t-elle au double de Quinn."
- C'est que... je ne pensais pas que ça pouvait t'intéresser.
- Ca veut dire quoi ça ? Je ne suis pas capable de comprendre c'est ça ?
- Mais non... tu sais bien que.....
Notre Quinn les interrompit dans leur dispute :
"Ce qui m'étonne Quinn, c'est que tu n'aies pas glissé plus tôt. Ca fait bientôt deux ans que je glisse."
- J'attendais de résoudre l'équation de la glisse, et j'ai mis du temps à la trouver. Il y a quelques jours, j'ai réussi à percer le mystère, et du coup, j'en ai tout de suite informé le Professeur, après avoir glissé une première fois. Aujourd'hui, le Professeur et Wade, qui devait m'apporter les billets pour un match, sont arrivés en même temps chez moi.
- Etrange dit Quinn. Tout semblait si identique à mon monde et pourtant il y a ces grandes différences. D'ailleurs Wade, je vois que tu t'es teint les cheveux en roux ?
- Oui ça fait deux semaines maintenant ! Ca te plaît hein ? Dire que je parle à deux Quinn en même temps, je trouve ça ex-tra-or-di-naire !
- Eh oui, le miracle de la glisse ! Mais tu verras des choses encore plus extraordinaires si tu continues à glisser. Enfin, si j'arrive à vous faire rentrer chez vous."
Quinn prit un air étrangement songeur et triste à la fois. Il pensait à ses amis qu'il avait laissés dans le monde de son double et à ses trois nouveaux compagnons qu'il devait à tout prix ramener chez eux. Le destin semblait éloigner de chez eux toutes les personnes que rencontrait Quinn . Ce sentiment de culpabilité le tiraillait depuis qu'il avait emmené Rembrandt, Wade et Le Professeur dans cette aventure, mais il avait appris à refouler ses sentiments.

"Parlez-moi un peu plus de la Glisse, Quinn demanda le double du Professeur."
- Et bien, comme je vous l'ai dit, vous pouvez glisser sur un nombre inimaginable de mondes tous plus différents les uns que les autres. Le minuteur une fois à zéro ouvre le vortex pendant 60 secondes, et si vous ratez la glisse, vous restez coincés pendant 29 ans jusqu'à l'ouverture de la prochaine fenêtre d'opportunité.
Ce qui m'étonne c'est que mon minuteur se soit reconfiguré dans le monde de Glaces...."
Quinn reprit le minuteur en main et l'examina attentivement : l'ensemble des commandes étaient grillées.
"Oh Mon Dieu Non ! Les commandes sont grillées ! Je pourrais peut-être le réparer, mais il me faudrait des outils.."..
Le double de Quinn pensa également à jeter un coup d'oeil à son minuteur :
" Ca alors ! Mon minuteur qui était configuré pour 5 heures vient juste de se reconfigurer lui aussi ! Il nous reste 44 minutes !
- Attendez, dit Quinn en réfléchissant. Mon minuteur s'est reconfiguré lorsque j'ai glissé avec vous, à l'aide de *votre* minuteur, et que j'ai atterri dans ce monde gelé. Maintenant, vous glissez avec moi en utilisant mon minuteur et c'est le vôtre qui se reconfigure.... Mais.... bien sûr ! Les fenêtres d'opportunité sont différentes selon les mondes dans lesquels nous glissons ! Votre minuteur, qui était programmé pour 5 heures pour le monde gelé, se réajuste par rapport à la fenêtre d'opportunité dans ce monde. Et c'est la même chose pour le mien !
- Pourriez-vous être un peu plus clair, M. Mallory pria le Professeur.
Quinn reprit espoir et lui répondit d'un ton plus sûr que jamais :
"Ecoutez, maintenant que votre minuteur est reconfiguré, il y a des chances pour que nous retournions dans votre monde en l'utilisant. Vous pourrez rentrer chez vous, et moi, je pourrai retrouver mes amis !
- Très bien rétorqua le Professeur ! En attendant, pourquoi ne chercheriez-vous pas un endroit pour réparer votre minuteur, et pour me montrer à moi et ainsi qu'à votre double comment marche précisément votre appareil ?
- Etendu ! conclut notre Quinn. Allons faire un tour chez moi pour voir si je dispose de plus d'outils. En espérant que ma maison existe dans ce monde ailleurs que sous les glaces...

Wade était revenue chez elle et avait trouvé ses parents, qui vraisemblablement n'étaient pas au courant de sa disparition pendant deux ans. Elle savait donc qu'elle n'était pas revenue sur sa Terre. En désespoir de cause, elle décida tout de même d'aller faire un tour à Doppler Computer Superstore pour voir si son double y travaillait toujours. Une surprise de taille l'attendait...
"Bonjour Mlle Welles !" dit la caissière à l'entrée.
Wade ne comprit pas bien pourquoi les caissières qu'elle ne connaissait pas lui disait bonjour si poliment... Elle se dirigea dans son local quand elle rencontra Hurley. Bien qu'elle n'avait aucune admiration envers ce Hurley, elle lui devait le respect en tant qu'employée :
"Euh...Bonjour Monsieur !
- Mlle Welles ! Quelle heureuse surprise de vous voir ! Vous venez jeter un coup d'oeil à mon travail, c'est ça ? Vous venez encore me tester, dit-il d'un air faussement complice."
Les yeux noirs derrière les verres de lunette que connaissait Wade n'étaient non pas des signaux de mépris et de domination, mais marquaient une soumission certaine.
Ce Hurley-là lui rappelait le "troufion" qu'elle avait connu lors de sa première glisse dans l'Amérique communiste ! Elle ne lui répondit pas, pour ne pas se mêler des affaires de son double, qui avait visiblement percé et réussi à atteindre le poste de gérant du magasin. Elle partit avec un léger sourire sur les lèvres en comprenant qu'elle n'était vraiment pas rentrée chez elle !


Quinn, son double, celui du Professeur et de Wade se dirigèrent vers la maison des Mallory. Une atmosphère familière régnait sur ce lieu .
Quinn, qui était seul et qui avait abandonné ses amis sur une Terre qui n'était pas la leur, voulait se redonner espoir :
"Etrange, pensa-t-il. Nous voici encore dans un monde virtuellement identique au mien. Peut-être que Wade avait raison, peut-être que la glisse est linéaire et que je me rapproche petit à petit de chez moi..."
Derrière lui, son double et celui du Professeur marchaient tout en conversant des miracles de la glisse :
"Vous voyez Professeur, nous glissons dans des mondes parfois complètement identiques au nôtre, et parfois totalement différents, comme le monde gelé que nous avons visité ! C'est excitant non ?"
Quinn pensait à son double et enviait son innocence. Il espérait de tout son coeur pouvoir le ramener aussi chez lui.

Il sentit une odeur de poule au pot qui lui rappela le fameux mets de Mme Randall, une voisine. La maison sembait identique à celle qu'il avait connue, et l'idée qu'il était *peut-être* revenu chez lui lui traversa l'esprit. Elle paraissait toujours habitée, aussi pria-t-il ses nouveaux compagnons d'attendre quelques instants, pour ne pas troubler sa mère si elle était présente. En effet, voir deux autres Quinn en plus de son fils pourrait lui causer un choc !
Il arriva au portail blanc et se mit instinctivement à croiser les doigts... Le jeune étudiant actionna le portail avec précaution, comme si le soin qu'il mettait à l'ouvrir aurait pu en changer le fonctionnement et le bruit. Il grinça. Quinn ne cacha pas sa joie, mais dut la refouler rapidement, conscient du nombre de fois où il avait été, lui et ses amis, profondément déçus. Avancé au niveau de la porte, il regarda à travers la petite lucarne opaque, en tentant de replonger dans l'intimité de la maison. Plutôt que de frapper, il décida d'ouvrir directement, mais toujours avec minutie. Quinn pénétra à l'intérieur de la demeure et commença à la prospecter. Arrivé dans la cuisine, le choc fut terrible : sa mère se retourna, et lâcha le mets qu'elle était en train de faire cuire en criant de stupéfaction :
"Oh Mon Dieu Quinn ! C'est toi ?!"
Elle se précipita vers lui pour l'embrasser. Quinn, un peu embarassé, lui demanda à son tour :
"Maman c'est toi ? Je suis revenu à la maison ?
- Oh Quinn, ça fait bientôt deux ans que j'attends ton retour. J'ai prié tous les jours pour que tu reviennes, et te voilà ! Oh Mon Dieu, je suis si contente de te revoir !"
Elle le serra encore plus fort dans ses bras, pour toutes les fois où elle n'avait pas pu le faire.
"Mais où étais-tu donc passé ? demanda-t-elle.
- Humm... C'est une longue histoire Maman....
-Qu'y a-t-il Quinn, tu es bizarre ?"
Quinn songeait une fois de plus à toutes ces fois où il avait embrassé le double de sa mère. Quelle torture psychologique ! Elles étaient à la fois toutes sa mère, mais pourtant ce n'etait pas la vraie ! Perplexe, Quinn répéta sa dernière phrase :
" Maman, c'est bien toi ? Je suis vraiment revenu ?"
- Mais bien sûr que c'est moi ! Je t'en prie, viens là et raconte-moi tout !
- Non, attends Maman, il faut à tout prix que je vérifie quelque chose."
Quinn reprenait son air occupé, comme à la période où il faisait ses expériences sur la glisse. Il descendit en trombe dans son sous-sol, où il eut la joie de découvrir qu'il était toujours comme il l'avait laissé : tout son bureau était là, avec ses premiers prototypes de machines anti-gravité, le fameux tableau blanc où son double avait résolu l'équation de la glisse,...
"Mon Dieu, Maman tu as tout gardé ? Toutes mes affaires, depuis tout ce temps, tu n'as même pas rangé mes affaires... ?
- Tu disais sur une cassette vidéo que tu ne souhaitais pas que j'enlève ton matériel, si jamais tu en avais besoin un jour ! J'ai exaucé ton voeu, et te voilà !!!
- Fantastique ! "
Il regarda la pile de cassettes vidéo et sortit celle qui paraissait la plus récente. La date indiquait le premier jour où il avait glissé. Il l'introduisit dans le magnétoscope et le mit en marche : il revit sa première expérience de la glisse mais fut surpris de voir qu'il n'avait pas éteint le caméscope une fois revenu ! Le caméscope avait donc tout enregistré ! Il visionna successivement l'arrivée de son double et leur étonnante récontre, la visite de Wade et du Professeur dans le sous-sol et leur stupéfaction face au vortex. Mais il vit surtout leur glisse, et le déplacement du vortex à travers le mur du sous-sol. Cette fois, aucun doute : il était *finalement revenu chez lui * !
Par pure précaution, Quinn vérifia sur ses albums photo si un de ses camarades de classe portait bien un appareil dentaire, et si la carte d'un joueur de base-ball comportait bien un astérisque à côté de son nom !

Quinn, qui sautait de joie dans tous les sens, embrassa une fois de plus sa mère en la remerciant de l'avoir pardonné et de l'avoir attendu tout ce temps.

 

Il sortit de la maison pour appeler ses nouveaux compagnons qui l'attendaient, quand il songea à quelque chose : la joie d'être revenu chez lui lui avait fait perdre la tête et lui avait fait oublier ses amis ! Il se devait de revenir les chercher, d'autant plus qu'il ne pouvait pas les abandonner sans minuteur sur ce monde qui n'était pas le sien. Mais il se heurta à un problème de taille : le minuteur était grillé, et même s'il réussissait à le réparer, il lui était impossible de stocker les coordonnées à l'intérieur !
Le sang commença à lui monter à la tête, tandis que des sueurs froides lui glaçaient le dos : il se trouvait face à un véritable dilemme : rester sur son monde qu'il avait enfin retrouvé, ou aller chercher ses amis, au risque de ne plus jamais pouvoir revenir chez lui....
- Qu'y a-t-il Quinn ? demanda le double du Professeur. Avez-vous trouvé des outils pour réparer votre minuteur ?
- Non Professeur, répondit Quinn complètement désemparé. Je suis rentré chez moi.
- Et bien mon enfant, c'est toute la joie que cela vous procure ? Je croyais que vous cherchiez depuis deux ans le moyen de rentrer chez vous ?
- Oui Professeur. Mais mes amis sont toujours sur votre monde, ne l'oubliez pas.
- Ah.
Arturo eut du mal à répondre à une telle phrase. Quant à l'autre Quinn, il voyait son double si triste qu'il se demanda si la glisse était réellement une invention prodigieuse. Wade s'approcha de lui pour tenter de le consoler :
"Ecoute Quinn, je suis sûre que tout va finir par s'arranger. Tu peux très bien revenir chercher tes amis et les ramener ici non ?
- Bien sûr ! Mais seulement si mon minuteur n'avait pas été grillé ! Soit je quitte ma mère pour la deuxième fois et je risque de ne plus jamais la revoir, soit je laisse mais amis sur votre monde sans aucun moyen pour eux de me rejoindre.
Son double eut alors une idée :
"Mais nous pouvons très bien aller chercher tes amis et utiliser notre minuteur pour les ramener jusqu'à toi !
Quinn eut un instant de soulagement mais comprit vite que c'était impossible :
"Non ! C'est impossible ! Votre minuteur n'est pas réglé sur ce monde, nous sommes arrivé ici en utilisant le mien ! Et je n'ai aucun moyen de transférer les coordonnées d'un minuteur à l'autre, surtout avec un appareil grillé !
- M. Mallory désolé de vous interrompre mais notre minuteur n'indique plus que six minutes !
Les autres eurent un regard de compassion pour Quinn, comprenant la triste décision qu'il avait à prendre.
Après de longs instants de réflexion, le jeune homme se décida :
- C'est décidé ! dit Quinn en prenant un dernier soupir. Je ne pourrais jamais retrouver mes amis si je ne glisse pas avec vous, et ils seront perdus sans minuteur. Je pourrais peut-être trouver un moyen de revenir ici plus tard.
Ses compagnons admirèrent la fermeté de sa décision et lui accordèrent un dernier Au Revoir à sa mère.

"Ecoute Maman, j'ai une terrible nouvelle à t'annoncer. Je suis obligé de repartir tout de suite. Si je suis parti pendant tout ce temps, c'est que j'étais très loin d'ici et que je n'arrivais pas à revenir. J'étais.... dans une autre dimension.... Je n'ai malheureusement pas le temps de t'expliquer mais je te demande juste de me faire confiance. Je dois aller chercher mes amis : Wade, le Professeur Arturo et un autre ami que tu ne connais pas, Rembrandt. Si je ne vais pas les chercher, ils seront perdus à tout jamais, tu comprends ?
- Mais...enfin Quinn... tu viens juste d'arriver ! répondit sa mère au bord des larmes."
Quinn l'embrassa une dernière fois en l'enlaçant de toutes ses forces. Les trois autres ouvrèrent le vortex au même moment, dans le jardin des Mallory.
"Je suis désolé Maman ! Je t'aime ! Je te promets que je reviendrai !
Ils sautèrent tous dans le vortex, laissant Mme Mallory s'effondrer sur le perron. Elle venait de perdre une seconde fois son fils.

Wade et le Professeur attendaient déjà ensemble devant la statue d'Abraham Lincoln quand Rembrandt arriva :
"Pas de doute ! On est pas rentrés dans notre monde ! Je me suis retrouvé nez à nez avec mon double alors que j'essayais d'entrer chez lui ! Imaginez un peu sa tête ! Alors je lui ai raconté cette histoire farfelue d'imitateur du Charmeur ! Le pire c'est qu'il m'a cru alors que sa notoriété est moins grande qu'il ne le dit : il ne chante que pour les hymnes !"
Rembrandt riait de voir qu'il n'était pas le seul Rembrandt à avoir perdu le succès d'antan avec les Spinning Topps.
- Hey ! Devinez quoi les gars ! dit Wade. Je suis allée voir chez Doppler où je travaillais avant qu'on glisse et apparemment j'en suis la gérante dans ce monde ! C'est fou non ?"
Wade reprenait un air malicieux quand il s'agissait de parler de sa situation avec Hurley.
- Que fait donc Quinn ? demanda le Professeur. Il doit nous rester peu de temps avant la glisse. C'est étrange, il est toujours en avance d'ordinaire.
- Attendons un peu dit Wade d'un air confiant.
Un quart d'heure se passa et Quinn n'était toujours pas rentré :
"Bon Sang c'est pas vrai, mais que fait le P'tit Génie ?" s'inquiéta Rembrandt.
Wade perdit vite sa confiance :
- Et s'il lui était arrivé quelque chose ? Et c'est lui qui avait le Minuteur !!! Pourquoi lui avez-vous laissé le Minuteur Professeur ?
- Mlle Wells, s'il arrive quelque chose au minuteur c'est bien M. Mallory la personne la plus apte d'entre nous à le réparer. Ce n'est pas avec vos fantastiques cours de poésie que vous allez nous être d'un grand secours !
- J'en reviens pas ! Dites tout de suite que c'est le merveilleux "Professeur Maximilien Arturo, professeur en cosmologie et en ontologie" qui nous sort tout le temps des situations périlleuses ? Vous n'en avez pas marre d'avoir tout le temps un égo plus gros que vous ?"
Arturo se mit dans une colère furieuse :
" Qu'est-ce que cela veut dire jeune fille ? Vous croyez que c'est en faisant des remarques insolentes sur mon physique que vous m'impressionnerez ?"
Le sang montait visiblement à la tête du Professeur, tandis que des gouttes de sueur perlaient sur son visage.
- Oh, Oh, Oh ! cria Rembrandt. Vous allez arrêter oui ? Le P'tit Génie va sans doute arriver d'une minute à l'autre.
- Je suis sûre qu'on a déjà raté l'heure de la glisse Rembrandt répondit Wade dont la voix commençait à flancher. Je veux rentrer chez moi....
Le Professeur qui s'était calmé et qui ne restait pas insensible aux états d'âme de Wade, s'approcha d'elle :
"Allons, mon enfant lui dit-il d'un air paternel. Je sui sûr que tout va finir par s'arranger. Quinn a dû avoir un peu de retard mais il va sans doute arriver d'une minute à l'autre avec le minuteur, et nous glisserons loin d'ici...
- Et s'il avait glissé sans nous ? demanda Wade qui commençait à paniquer sérieusement. Et s'il nous avait laissé là, tous seuls, et sans le minuteur ?
L'angoisse de Wade devint vite commmunicative :
- Elle a peut-être raison, il serait déjà arrivé s'il avait voulu glisser avec nous ! dit Rembrandt.
- Ecoutez M. Brown répondit le Professeur, même si je refuse de croire une seule seconde que Quinn nous a fait faux bond, je propose que nous nous rendions chez lui pour voir ce qu'il en est.
- Mais si jamais il vient ici demanda Wade ? Nous ne serons plus là et il sera obligé de glisser sans nous, ou alors c'est nous qui manquerons l'heure de la glisse.
Le Professeur regarda sa montre et s'adressa gravement à Wade :
" Désolé de vous décevoir, Mlle Welles, mais nous avons déjà manqué l'heure de la glisse."
Tout le monde se tut et Wade éclata désespérément en sanglots.

Quinn, son double et celui de Wade et du Professeur marchaient en direction du parc. Quinn avait réussi à réparer le minuteur à l'aide des outils que lui avaient prêté son double. En l'allumant, il s'était reconfiguré sur 32 minutes. Il devait faire vite maintenant et retrouver ses amis qui l'attendaient toujours.

Quand Wade vit Quinn au bout de la rue, elle se précipita vers lui.
" Oh Quinn ! Qu'est-ce qu'il t'est arrivé ?
- C'est une longue histoire Wade. Une très longue histoire..
- Mais... Que font nos doubles avec toi ?
Les doubles de Wade et du Professeur étaient visiblement intéressés de voir la copie conforme de leur propre personne !
Rembrandt et Arturo avaient rejoint le petit groupe :
"Quinn, où étiez-vous passé ? Nous avons manqué l'heure de la glisse n'est-ce pas ?
- Non Professeur répondit Quinn en lui donnant le minuteur. Nous glissons dans 12 minutes. Ecoutez, j'ai réussi à retrouver notre monde.
- Quoi ? Tu es revenu chez nous ? demanda Wade pleine d'espoir.
- Non, ne te réjouis pas trop vite Wade. Je suis désolé, les commandes du minuteur étaient grillées et j'ai dû les réparer. Mais, il m'est impossible de stocker les coordonnées de notre Terre maintenant."
La déception de ses amis fut de taille. Rembrandt prit alors la parole :
" Une petite minute Quinn... Tu veux dire que tu étais chez toi et que tu es revenu nous chercher ?"
Quinn ne répondit pas mais souria d'un air gêné. Wade qui venait de comprendre le sacrifice de Quinn le prit encore plus fort dans ses bras :
"Oh Mon Dieu Quinn ! Je suis désolé.... Je t'ai mal jugé... Tu es revenu pour nous, tu savais que nous t'attendions ?"
Wade admirait l'attitude du Petit Génie, et elle se mit à l'embrasser.
Le Professeur voulut dire un mot :
"M. Mallory, le sacrifice que vous venez de faire vous honore vraiment. Sachez que jamais, je ne dis bien jamais, je ne vous abandonnerai après ce que vous venez de faire pour nous."
Quinn s'adressa aux doubles :
"Et bien voilà, vous voilà rentrés chez vous. N'oublie jamais Quinn : même si tu trouves que la glisse est fabuleuse, tu ne seras jamais aussi bien que chez toi. Ne l'oublie jamais."
Les doubles le remercièrent en choeur et le double du Professeur se mit à parler :
"Merci Quinn. Je suis sûr que vous retrouverez un moyen de rentrer chez vous."
- C'est l'heure de glisser ! cria Arturo.
Wade n'avait jamais été aussi heureuse de revoir l'image du vortex. Rembrandt glissa le premier, suivi du Professeur.
Quinn et Wade dirent au revoir à leurs doubles et s'approchèrent du passage quand Wade demanda :
"Quinn ! Comment es-tu sûr qu'il s'agissait bien de notre Terre ?"
- Ne t'inquiète pas Wade, répondit-il en souriant. J'ai vérifié l'appareil dentaire !"

Ils glissèrent....


FIN

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